Union européenne et Chine

La Chine a lancé son projet de « nouvelle route de la soie », destiné à créer ou à améliorer les infrastructures reliant la Chine avec les pays asiatiques, européens et africains qui voudront bien adhérer au projet.

Côté européen l’Autriche, l’Italie et  la Suisse ont officiellement adhéré au projet. Les États-Unis s’opposent à ce projet. Les poids lourds européens Allemagne, Royaume-Uni et France se montrent officiellement réticents.

Mais où en sommes-nous concrètement dans la réalisation du projet ?

Le Pôle Européen de Lyon rappelle que La Chine a fondé en décembre 2015 l’AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank), à laquelle participent 80 pays et dont le capital s’élève à 96 milliards de dollars US. L’AIIB compte 20 actionnaires européens, dont justement l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France qui participent respectivement pour 4,65%, 3,17% et 3,50% au capital de l’AIIB, à côté de la Chine, de la Russie et des Indes, qui pèsent respectivement 30,89%, 6,78% et 8,68%.

Train Chine – UE d’une cinquantaine de wagons

Depuis 2016, le fret ferroviaire se développe rapidement entre la Chine et l’Europe. En 2018, l’Europe a réceptionné 6.000 trains en provenance de Chine, en progression de plus de 70% par rapport à 2017. Il s’avère que le train est un moyen plus rapide et moins polluant, mais plus onéreux que le fret maritime. Un voyage de 10.000 km environ dure 16 jours aujourd’hui et pourrait être réduit à 14 jours par l’amélioration du réseau ferroviaire polonais. Le voyage maritime dure environ un mois. Aujourd’hui 56 villes chinoises sont reliées à 49 villes dans 15 pays européens.

Ce moyen de transport continue à se développer rapidement. La principale ombre au tableau résulte du déséquilibre entre les commerces chinois et européen. En effet, si les trains Chine-Europe sont en général bondés, il n’en est pas toujours de même en sens inverse, ce qui influe défavorablement sur la rentabilité de ce moyen de transport. Est-ce que les européens sauront mieux équilibrer leurs échanges avec la Chine à l’avenir ?

L’Allemagne par sa situation géographique est le débouché naturel des trains qui traversent la Chine, le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie et la Pologne. La ville de Duisburg avec son port interne important se développe en hub naturel pour le fret chinois avec ses capacités de déchargement, de stockage et de réexpédition par les voies navigables du Rhin ou par les réseaux ferroviaire et routier à destination de la France, du Royaume-Uni et autres pays. Cette ville en perte de vitesse avec le déclin de l’acier et du charbon bénéficie d’une véritable renaissance grâce à sa plateforme de logistique, toute dévouée au fret chinois qui y transite aux trois quarts.

Duisburg : port interne et plateforme de logistique

Les liaisons maritimes restent importantes et permettent à d’autres pays européens du sud de développer des activités de logistique avec la Chine. C’est déjà le cas du port du Pirée depuis avril 2016 avec la desserte des Balkans. Les Italiens viennent de faire affaire avec les Chinois concernant les ports de Gênes et de Trieste.