Les grands problèmes de l’UE : Politique migratoire

Lors de leur rencontre à Berlin en date du 17 janvier 2018, la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue autrichien Sebastian Kurz ont affiché leurs divergences sur la politique migratoire dans l’UE.

Les deux visions d’accordent bien sur quelques grands principes :

  • « réduire » l’immigration illégale,
  • renforcer le partenariat avec les pays à l’origine des migrations
  • lutter contre les passeurs et trafiquants
  • protéger davantage les frontières extérieures de l’UE

Mais les divergences semblent importantes sur les modalités d’application de ces grands principes.

Madame Merkel évoque la solidarité européenne et insiste sur l’acceptation de quotas de répartition des migrants dans tous les pays européens. Quand Madame Merkel a largement ouvert en 2015 les portes de l’Allemagne à 890.000 demandeurs d’asile a-t-elle consulté les autres dirigeants européens dans un souci de cette même solidarité ?

Monsieur Kurz soutient indirectement la position des pays de l’Europe de l’Est en estimant que « la discussion sur les quotas prend un peu trop de volume » dans l’UE et que la solution de la crise réside plutôt dans des mesures plus musclées aux frontières et avec les passeurs. L’Autriche a donné suffisamment de preuves de solidarité, car elle se positionne comme le deuxième pays (après la Suède et avant l’Allemagne) ayant accepté le plus de demandeurs d’asile par rapport à sa population.

En conclusion, les deux chanceliers expriment le souhait de voir tous les pays de l’UE s’accorder sur une politique migratoire commune au 1er semestre 2018 … avant que l’Autriche ne prenne la présidence tournante de l’UE au 01/07/2018.

La réalisation de ce souhait en six mois nécessite-t-elle un miracle ?

Madame Merkel qui a joué les apprenti-sorcier en 2015 et qui se trouve affaiblie après les élections de 2017, arrivera-t-elle à s’imposer et à concilier les intérêts de pays :

Qui considèrent qu’ils ont « fait le plein » de migrants comme la Suède et l’Autriche

Qui ne veulent pas accepter de migrants comme la Pologne et la Hongrie

Qui sont en première ligne des passeurs, comme l’Italie et la Grèce

Qui voient partout monter le populisme, suite aux nombreux problèmes sociétaux et financiers ?

Pôle européen de Lyon attachera une attention particulière à ce problème et informera ses adhérents de toute évolution importante.